L’intérêt que porte Amélie pour les ponts a débuté par un amour profond de la mer. À travers plusieurs voyages, elle photographie ces grands espaces; jusqu’au moment où on voit apparaître ces fameuses structures d’acier, de bois, de béton. Alors qu’elle commence à les intégrer à ses toiles, elle a déjà intégré des photos de tunnels, de chemins, symbolisant à leurs tours le passage. Dans un in situe de sa main, elle place de longues lignes de tissus blancs et jaunes sur un chemin boueux en forêt. Une translation d’une route urbaine vers un paysage rural. Nous voici aujourd’hui au niveau de la mer, une ouverture sur l’immensité et le voyage.
Le pont en mer représente l’homme debout en son espace. Il est ainsi personnifié, droit, solide, les pieds dans l’eau; immobile à travers le mouvement de l’océan, des marées et des tempêtes. Comme s’il symbolisait une éternité plus grande, une image plus éternelle que la nature elle-même. Chemin entre l’homme, obsédé par les mystères de l’existence, et ses dieux qu’il s’est inventé; voilà le pont qui s’impose, malgré la fragilité de sa conquête devant l’éternité immobile. Une vision claire d’une réalité suspendue comme un mobile, une architecture qui nous invite à y participer activement. Les rives, elles, pratiquement absentes, mettent l’emphase sur le coté évolutif des oeuvres, personnifier par le pont. Le fait que la photo, contrairement à la vidéo, soit fixe dans le temps; s’y trouve une répétition de l’image comme paradigme de la séquence. Il y a répétition comme les piliers se répètent.
Le pont disparaît alors; il n’en reste que son symbole, son image, sa métaphore (des poteaux électrique sur rocher aux milieux de la mer ou des éoliennes, rappellent les piliers du pont). Cette modulation clarifie le fait qu’Amélie tend à purifier la structure du pond. C’est un travail de triage, où une insistance sur un élément particulier met justement en valeur et en force les élément manquant; pourvu que la genèse du cheminent soit connue. C’est donc cette structure symbolique, structure qui relie, qui trace, qui emporte, telle le pont, qui prend acte de premier rôle. Mais il nous faut peut-être l’oublier pour apprécier ce qui l’entoure, ce qui lui permet d’exister.
Echo
technique mixte sur toile
48 x 10 po. & 48 x 36 po.
2005
vendu
Passage
technique mixte sur toile
40 x 45 po.
2005
vendu
Vision lointaine
technique mixte sur toile
72 x 60 po.
2005
Mouvement dansant
technique mixte sur toile
40 x 48 po.
2005
vendu
Guidés par le vent
technique mixte sur toile
54 x 82 po.
2005
vendu
Battements dʼailes
technique mixte sur toile
66 x 8 po.
2005
vendu
Vol dʼeau
technique mixte sur toile
(2x) 12 x 66 po. et 18 x 66 po.
2005
vendu
Élan
technique mixte sur toile
(2x) 10 x 20 po.
2005
vendu
Je re veux la mer
technique mixte sur toile
(3x) 24 x 24 po.
2005
vendu
amelie desjardins








